Votre chien mange ses crottes — ou celles des autres animaux — et vous ne savez pas si c’est grave ou non. La vérité, c’est que ça dépend. Ce comportement peut être bénin et passager, ou révéler quelque chose qui mérite attention. Voici comment faire la différence.
La coprophagie chez le chien : fréquente et pas toujours inquiétante
Entre 15 et 25 % des chiens mangent leurs crottes à un moment ou un autre de leur vie. C’est beaucoup. Chez les chiots, c’est quasi-systématique et disparaît généralement avant l’âge d’un an sans intervention particulière. Chez les chiens adultes, c’est plus variable. Pour comprendre les raisons qui poussent votre chien à ce comportement et trouver des solutions concrètes, consultez notre article sur pourquoi les chiens mangent leurs crottes.
Un chien adulte en bonne santé, bien nourri, qui mange occasionnellement ses crottes lors des sorties, sans autre signe particulier, c’est rarement une urgence. C’est souvent comportemental — ennui, curiosité, comportement appris. Mais certains contextes doivent attirer l’attention et méritent une consultation vétérinaire.

Les signaux qui justifient une consultation vétérinaire
Le premier signal d’alerte, c’est l’apparition soudaine du comportement chez un chien adulte qui ne le faisait pas avant. Un chien qui a toujours été propre et commence à manger ses crottes à l’âge de 4 ou 5 ans, sans changement apparent dans son environnement, peut avoir développé un trouble digestif — notamment une insuffisance pancréatique exocrine, une maladie qui empêche la bonne absorption des graisses et des protéines.
Le deuxième signal, c’est la perte de poids malgré un bon appétit. Si votre chien mange normalement (ou même plus que d’habitude), mange aussi ses crottes, et continue de maigrir, quelque chose ne va clairement pas dans son système digestif. C’est une indication claire pour un bilan vétérinaire incluant des analyses de sang et une coproscopie.
- Apparition soudaine chez un adulte sans changement d’environnement.
- Perte de poids associée à un appétit normal ou excessif.
- Selles molles, grasses ou particulièrement malodorantes (signe de malabsorption).
- Comportement compulsif et incontrôlable, malgré la surveillance.
- Ingestion de crottes d’autres animaux (risque parasitaire plus élevé).
Les parasites : un risque réel qu’on sous-estime souvent
Manger des selles, c’est ingérer tout ce qu’elles contiennent. Et les selles de chiens non vermifugés peuvent contenir des œufs de parasites — ascaris, ankylostomes, giardia — qui vont contaminer le chien qui les ingère. Même un chien vermifugé régulièrement peut se recontaminer si le cycle n’est pas brisé.
Les crottes de chats sont particulièrement problématiques : elles peuvent contenir du Toxoplasma gondii et des œufs de ténias. Les crottes de lapins et de rongeurs hébergent fréquemment de la giardia. Un chien qui mange les crottes du chat de la maison ou qui fouille le bac à litière doit avoir un suivi parasitaire renforcé — vermifugation tous les 3 mois minimum et coproscopie annuelle.
| Type de crotte ingérée | Risque parasitaire | Fréquence de vermifugation conseillée |
|---|---|---|
| Ses propres crottes | Faible si vermifugé | Standard (2-4x/an) |
| Crottes de chat | Moyen (Toxoplasma, ténias) | Tous les 3 mois |
| Crottes de lapin/rongeur | Moyen (Giardia) | Tous les 3 mois + coproscopie |
| Crottes inconnues (promenade) | Élevé | Surveillance + bilan si répété |
Comment réagir au quotidien sans aggraver le comportement ?
La punition après coup ne fonctionne pas pour la coprophagie. Si vous grondez votre chien 30 secondes après l’avoir vu manger ses crottes, il ne fait pas le lien entre la punition et l’acte. Pire, certains chiens apprennent à faire ça en cachette ou deviennent anxieux, ce qui peut renforcer le comportement.
Ce qui fonctionne, c’est l’anticipation : ramasser les selles immédiatement après chaque passage, surveiller de près pendant les sorties, et rediriger l’attention du chien vers autre chose dès qu’il s’approche de ses crottes. Un « laisse » bien appris vaut beaucoup mieux que n’importe quelle réprimande. Sur le long terme, améliorer la qualité de l’alimentation et enrichir l’environnement du chien restent les interventions les plus efficaces pour réduire durablement ce comportement.

